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La population vieillit.
Comment adapter sa mise en marché aux aînés?
Fréquemment, on lit, on voit ou on entend parler dans les médias du
vieillissement de la population ou des baby boomers qui abordent la retraite.
Ces personnes bouleversent encore les courbes démographiques, comme elles l'ont
fait durant toute leur vie.
Au 1er juillet 2007, au Québec, 14,4 % de la population avait plus
de 65 ans. Cette proportion était légèrement plus élevée chez les femmes, soit
16,3 % comparée à 12,3 % pour les hommes. Il faut aussi noter que
plus la population avance en âge, plus la proportion de femmes augmente. En
effet, parmi les personnes de 75 ans et plus, lesquelles représentent
6,7 % de la population, près des deux tiers sont des femmes. Dans
certaines municipalités des Laurentides, la proportion de personnes âgées de
plus de 65 ans dépasse les 25 % de la population totale, ce qui est bien
au-dessus de la proportion québécoise.
Le phénomène continuera de croître...
Selon les projections de croissance de l'Agence de la santé et des
services sociaux des Laurentides, la croissance prévue des personnes de 65 ans
et plus de 2005 à 2010 sera de 23,6 % et celle de la population de plus de
85 ans sera de 33,5 %.
Donc, mieux vaut s'interroger tout de suite sur les besoins de cette
population en croissance.
Premièrement, notons que les
aînés ne représentent pas une population homogène. Leurs besoins varient
beaucoup. En effet, une personne de 65 ans ne vit pas les mêmes choses qu'une
autre de 20 ans son aînée. Ses activités physiques, ses loisirs et sorties, son
état de santé, ses besoins alimentaires et médicaux, voire ses besoins en
matière de logement, de déplacement et de sécurité sont souvent complètement
différents. Des aînés dans la soixantaine vivant en couple dans leur maison et
jouissant d'une pension confortable n'auront pas les mêmes besoins qu'une
octogénaire vivant seule, entourée de ses chats, au seuil de la pauvreté dans
un petit appartement, ni que cette autre vivant en institution dans une
dépendance quasi totale et un isolement relatif.
Préjugés...
Il reste encore beaucoup de gens de moins de 65 ans, et même des
personnes âgées, qui ont plein de préjugés face aux « vieux ». On les
targue de faiblesse et de vulnérabilité, de dépendance croissante,
d'insécurité, de maladies nombreuses et coûteuses, bref on croirait presque que
le fait de vieillir est négatif et mauvais pour la société. On est loin de respecter
leur sagesse et leur expérience; certains nous les feraient presque considérer
comme des poids, des boulets pour l'économie.
Riche comme Crésus...
Un autre préjugé veut au contraire que les personnes âgées détiennent la
balance du pouvoir économique. Il est vrai que les aînés ont connu, de 1981 à
2001, une hausse de leurs revenus relativement plus importante que l'ensemble
de la population, soit 29 % par rapport à 19 %. Mais avec un revenu
annuel de 22 328 $ en 2003, les aînés sont moins fortunés que
l'ensemble de la population, laquelle gagne en moyenne 25 % de plus. Les baby
boomers vont changer cette situation, puisque, dans ce groupe, les femmes ont
souvent occupé un emploi ou poursuivi une carrière. De plus, les baby boomers,
dans l'ensemble, ont bénéficié de salaires nettement plus élevés que les
travailleurs des générations précédentes. Si on s'occupe de finances
personnelles, on est bien sûr intéressé par les besoins de ces nouveaux aînés
dont une majorité n'a ni REÉR, ni autre source de revenu que la pension d'un
ancien employeur ou du gouvernement.
Marketing pour les aînés
Pour réussir la mise en marché de ses produits ou services vis à vis les
aînés, les règles du marketing s'appliquent toujours : segmentation de la
population, identification des besoins, définition des solutions, canaux de
distribution les plus efficaces, meilleurs véhicules communicationnels,
positionnement gagnant et autres. Les aînés ne sont pas différents des autres
consommateurs et une personne âgée arrivée à la retraite aura plus de temps
libre et possiblement plus de ressources. Quand on discute avec des gens à la
veille de la retraite, ils parlent de projet de voyage, de création de
nouvelles micro-entreprises ou de mise en valeur de talents longtemps mis de
côté. Personne ne considère la chaise berçante au bord du balcon et l'oisiveté
prolongée devant la télé comme un plan de retraite. Si nos grands-parents et
nos parents voyaient la retraite comme le repos après des années de dur labeur,
les nouveaux retraités voient souvent cette période comme l'occasion de vivre
selon leurs désirs et de réaliser leurs rêves longtemps mis en veilleuse.
La mise en marché vis à vis les aînés réussira pour autant que l'on ait
à leur offrir des produits et services qui répondent à leurs attentes. Pensons
donc loisir et divertissement, bénévolat et aide à la communauté, contribution
à la société et, souvent, génération de revenus complémentaires sous une autre
forme que celle du travail rémunéré à salaire fixe. Les besoins de santé, les
glucomètres, les culottes d'incontinence et les baignoires à porte répondent
aux besoins d'une certaine classe de personnes, probablement parmi les plus
âgées, mais pas à toutes. Le secret pour bien réussir sa mise en marché par
rapport à cette population : étude de marché, segmentation et ciblage. Et
faites attention aux généralisations parfois gratuites. Elles pourraient vous
coûter cher.
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