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Le marketing alimentaire et l'étiquettage des aliments ne s'entendent pas toujours
Cet article s’adresse à la personne derrière l’homme ou
la femme d’affaires que vous êtes qui, malgré toutes ses responsabilités
commerciales et sociales, doit encore aller à l’épicerie pour remplir le
garde-manger. Je voudrais partager ma dernière montée de lait avec vous parce
que la consommatrice que je suis déteste être prise pour une valise et se faire
mentir effrontément.
La mise en marché des aliments est une spécialité de
notre agence. On doit mettre en valeur l’aliment en vente, faire ressortir les
avantages pour le consommateur, attirer l’œil de l’acheteur et faire vendre le
produit. Ça aide évidemment d’avoir un excellent produit et, dans ce cas, nous
savons l’emballer pour le faire remarquer et le faire acheter.
Si la fantaisie est permise, il ne faut toutefois pas
déborder dans la fiction. Malgré la législation que certains trouvent trop peu
sévère et que d’autres considèrent étouffante, il arrive encore de trouver des
produits en épicerie où le spécialiste de la mise en marché fait fi de
l’information des nutritionnistes et positionne son produit avec des termes
qui, pour le moins, exagèrent la réalité.
Attention par exemple au beurre d’arachide
« allégé » qui compense une diminution marginale des gras par un
ajout substantiel de sucre. Si vous devez surveiller votre apport de glucides
autant que votre consommation de lipides, vous risquez de nuire à vos efforts
de manger mieux en consommant ce produit.
Autre exemple : les céréales Spécial K. Vous avez
sûrement vu à la télé cette pub où une jeune femme qui n’a absolument pas l’air
d’avoir des kilos à perdre relève le défi Spécial K et découpe son maillot une
pièce rouge pour en faire un deux-pièces, conséquence positive d’avoir mangé
des Spécial K. En épicerie, vous pouvez trouver la nouvelle version de Spécial
K « Satisfaction » dont la boîte ornée d’un ruban cintrant le milieu
suggère une taille mince. La boîte montre en haut à droite le contenu en
calories, sucre etc. Sauf que comparées aux Spécial K originales, les nouvelles
céréales contiennent 40 grammes de glucides dont 13 de sucre, versus 22 grammes
dans la version originale dont 2 grammes de sucre. Pour un même bol de 1,25
tasses, la nouvelle version contient aussi le double des calories. En effet, ce
sera tout un défi de brûler les calories additionnelles ingurgitées
innocemment. Remarquez que l’information contenue sur l’emballage est
rigoureusement correcte. Rien de faux. Juste un emballage qui suggère et
positionne le produit sans que ce soit appuyé dans les faits. Évidemment, un
bol de 200 calories est plus satisfaisant qu’un bol dont la valeur
nutritionnelle est moindre. Un morceau de gâteau au chocolat aussi c’est
satisfaisant, pour qui aime ça.
Attention donc aux spécialistes de la mise en marché qui
accentuent l’emballage au détriment du produit. C‘est une stratégie dont la
longévité du terme est douteuse, mais dont les impacts négatifs à long terme
sont eux, certains. En tant que consommateurs, assurez-vous donc de lire le
panneau de côté qui liste aussi précisément que possible la composition
détaillée de l’aliment contenu dans l’emballage. En tant que producteurs,
grossistes ou distributeurs, assurez-vous de faire affaire avec une agence intègre.
Les retombées à court, moyen et long termes n’en seront que plus positives.
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