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Le marketing alimentaire et l'étiquettage des aliments ne s'entendent pas toujours

par

Chantal B. Leprohon, B.A., M.B.A.
Stratège et consultante en marketing
Carrefour Marketing

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Le marketing alimentaire et l'étiquettage des aliments ne s'entendent pas toujours


Cet article s’adresse à la personne derrière l’homme ou la femme d’affaires que vous êtes qui, malgré toutes ses responsabilités commerciales et sociales, doit encore aller à l’épicerie pour remplir le garde-manger. Je voudrais partager ma dernière montée de lait avec vous parce que la consommatrice que je suis déteste être prise pour une valise et se faire mentir effrontément.

La mise en marché des aliments est une spécialité de notre agence. On doit mettre en valeur l’aliment en vente, faire ressortir les avantages pour le consommateur, attirer l’œil de l’acheteur et faire vendre le produit. Ça aide évidemment d’avoir un excellent produit et, dans ce cas, nous savons l’emballer pour le faire remarquer et le faire acheter.

Si la fantaisie est permise, il ne faut toutefois pas déborder dans la fiction. Malgré la législation que certains trouvent trop peu sévère et que d’autres considèrent étouffante, il arrive encore de trouver des produits en épicerie où le spécialiste de la mise en marché fait fi de l’information des nutritionnistes et positionne son produit avec des termes qui, pour le moins, exagèrent la réalité.

Attention par exemple au beurre d’arachide « allégé » qui compense une diminution marginale des gras par un ajout substantiel de sucre. Si vous devez surveiller votre apport de glucides autant que votre consommation de lipides, vous risquez de nuire à vos efforts de manger mieux en consommant ce produit.

Autre exemple : les céréales Spécial K. Vous avez sûrement vu à la télé cette pub où une jeune femme qui n’a absolument pas l’air d’avoir des kilos à perdre relève le défi Spécial K et découpe son maillot une pièce rouge pour en faire un deux-pièces, conséquence positive d’avoir mangé des Spécial K. En épicerie, vous pouvez trouver la nouvelle version de Spécial K « Satisfaction » dont la boîte ornée d’un ruban cintrant le milieu suggère une taille mince. La boîte montre en haut à droite le contenu en calories, sucre etc. Sauf que comparées aux Spécial K originales, les nouvelles céréales contiennent 40 grammes de glucides dont 13 de sucre, versus 22 grammes dans la version originale dont 2 grammes de sucre. Pour un même bol de 1,25 tasses, la nouvelle version contient aussi le double des calories. En effet, ce sera tout un défi de brûler les calories additionnelles ingurgitées innocemment. Remarquez que l’information contenue sur l’emballage est rigoureusement correcte. Rien de faux. Juste un emballage qui suggère et positionne le produit sans que ce soit appuyé dans les faits. Évidemment, un bol de 200 calories est plus satisfaisant qu’un bol dont la valeur nutritionnelle est moindre. Un morceau de gâteau au chocolat aussi c’est satisfaisant, pour qui aime ça.

Attention donc aux spécialistes de la mise en marché qui accentuent l’emballage au détriment du produit. C‘est une stratégie dont la longévité du terme est douteuse, mais dont les impacts négatifs à long terme sont eux, certains. En tant que consommateurs, assurez-vous donc de lire le panneau de côté qui liste aussi précisément que possible la composition détaillée de l’aliment contenu dans l’emballage. En tant que producteurs, grossistes ou distributeurs, assurez-vous de faire affaire avec une agence intègre. Les retombées à court, moyen et long termes n’en seront que plus positives.

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